Décès de Célébrité

Mort de Micheline Presle à 101 ans le 21 février 2024 à la Maison des artistes de Nogent-sur-Marne

L’actrice Micheline Presle, légende du cinéma français, s’en est allée ce mercredi 21 février. Cette triste nouvelle a été annoncé par son gendre Olivier Bomsel, confirmant une information de l’AFP.

La célèbre actrice Micheline Presle est décédée à l’âge de 101 ans

La talentueuse comédienne nous a malheureusement quittés ce mercredi à l’âge de 101 ans. De son rôle dans « Le Diable au corps » aux « Saintes Chéries » en passant par « Vénus Beauté Institut« .

Jean Gabin lui avait adressé le plus beau des compliments à son charme. « Il suffit de te regarder et on te pardonne tout… ». L’actrice principale du film « Le Diable au Corps », la « Sainte Chérie, a disparu à 101 ans.

Elle s’est éteinte paisiblement, à la Maison nationale des artistes de Nogent-sur-Marne » dans le Val-de-Marne. Les obsèques se dérouleront dans l’intimité de la famille.

Olivier Bomsel, son gendre
Micheline Presle est morte à 101 ans le 21 février 2024
Micheline Presle est décédée à 101 ans le mercredi 21 février 2024

Micheline Presle au théâtre et sur grand écran

L’actrice s’était principalement distinguée sur les planches théâtrales mais également sur grand écran dans le long métrage Le Diable au corps réalisé par Claude Autant-Lara. À la télévision, elle interprétait le rôle d’Eve Lagarde dans la série « Les Saintes Chéries ».

L’actrice, qui nous a quittés à l’âge de 101 ans, une véritable légende du cinéma. À l’écran, elle a partagé la scène avec Gérard Philipe, Errol Flynn, Louis Jourdan, Marcello Mastroianni, Vittorio Gassman et bien sûr Jean Gabin. Les plus grands monstres sacrés du septième art du XXe siècle.

Cette comédienne aux yeux émeraude, au sourire éclatant et doux à la fois, que François Truffaut, alors encore critique de cinéma, considérait comme «la plus grande actrice du monde», la divine Falbalas de Jacques Becker possédait un jeu «d’instinct» qui s’adaptait aux scénarios les plus sombres et aux histoires les plus légères. Et comme un miracle de longévité, plus d’un demi-siècle après ses débuts, sa fille la réalisatrice Tonie Marshall ne manquera jamais de lui confier des rôles à la mesure de son talent dans ses comédies de mœurs.

Micheline Presle est morte à 101 ans dnas la maison de retraite de Nogent-sur-Marne
Michelle Presle passait sa retraite à la Maison des artistes de Nogent-sur-Marne

Tout a commencé à 10 ans avec Henri Garat et Jean Murat

Micheline Chassagne, connue sous son nom civil, est née le 22 août 1922, rue des Bernardins, dans le Quartier Latin, à proximité du Jardin du Luxembourg. Un lieu qu’elle chérira comme une Madeleine de Proust tout au long de sa vie. Sa passion pour le cinéma naît dès 1932. À l’âge de dix ans, son père, un banquier d’affaires, l’emmène voir un film pour la première fois. La fillette s’émerveille devant les actrices et acteurs de l’époque, tels que Henri Garat et Jean Murat.

Fascinée par les prémices du cinéma parlant, dans les années qui suivent, elle attend avec impatience la sonnerie de la fin de l’école. Au collège de Notre-Dame-de-Sion, pour se précipiter dans les salles obscures des cinémas de son quartier. Là, elle s’évade et peut-être s’imagine-t-elle qu’un jour, elle aussi fera rêver les spectateurs. Le rêve devient réalité et un premier miracle se produit en 1938. À seulement quinze ans, Micheline décroche un petit rôle dans « Je chante », un film avec Charles Trenet en vedette.

Micheline Presle est morte à la Maison des artistes de Nogent-sur-Marne à 101 ans
Micheline Presle et Gérard Philipe dans le film « le diable au corps »

« Le Diable au corps » de Radiguet

Elle s’inscrit aux cours de Raymond Rouleau, et le hasard fait bien les choses. Le jour de la première audition, Rudolph Josef, l’assistant du réalisateur allemand Georg Pabst, est présent. Il recherche des jeunes actrices pour le film « Jeunes filles en détresse ». Il trouve Micheline remarquable de naturel. L’élève douée de Rouleau décroche ainsi son premier grand rôle et adopte son pseudonyme. Elle incarne alors Jacqueline Presle, comme une perle, un joyau.

Dans le film de Pabst où elle joue une meneuse, une rebelle, Micheline Presle captive l’écran. Abel Gance, privilégié, visionne les rushes et décide de l’engager pour incarner deux personnages, une mère et une fille, dans « Paradis Perdu ». Nous sommes en 1940. La nouvelle merveille du cinéma français réalise cet exploit alors qu’elle n’a pas encore 18 ans. Le film sort sur les écrans après la défaite de la France face à l’Allemagne. Après l’Armistice, elle décide de quitter la capitale pour Cannes, où les prémices du Festival ont vu le jour une année auparavant.

Sa rencontre avec Jean Cocteau

En 1946, l’actrice rencontre Jean Cocteau, qui lui demande de lire « Le Diable au corps » de Radiguet. Le roman et son parfum de scandale lui semblent parfaits. Elle contacte Autant-Lara, Aurenche et Bost, qui viennent la voir à Bruxelles où elle joue dans la pièce « Am Stram Gram » d’André Roussin. Ils sont emballés, d’autant plus que Micheline Presle apporte en cadeau l’acteur idéal pour jouer François Jaubert, le héros du film, Gérard Philipe. Elle connaît son talent depuis 1941, où elle l’a vu jouer au théâtre à Cannes aux côtés de Madeleine Robinson. Ce film, qui fait scandale à l’époque car il narre l’histoire d’une jeune femme prenant un amant alors que son mari risque sa vie dans la guerre des tranchées de 14-18, restera comme l’œuvre majeure de sa carrière.

Micheline Presle est décédée à l'âge de 101 ans mercredi 21 février
Micheline Presle et Jean Gabin dans le film « le baron de l’écluse »

« Le Baron de l’écluse » de Michel Audiard

Vedette incontestée avant et juste après la guerre de 1940, après un intermède désastreux en Amérique. La carrière de Micheline Presle peine à reprendre à son retour en France. La décennie des années 50 (avec des films tels que « Si Versailles m’était conté », « La Mariée est trop belle », « Christine »…), ne lui offre que des rôles de jolies femmes dont la beauté se fane irréversiblement. Cependant, sa passion pour le cinéma ne l’abandonne pas. Comme une bonne joueuse de poker, vers la fin des années 50, sa chance commence à tourner.

Elle commence à tourner sous la direction d’un maître du septième art, Joseph Losey. Dans un polar à l’intrigue complexe, « L’Enquête de l’inspecteur Morgan ». Puis, Jean Delannoy lui propose le rôle de Perle Germain Joubert dans « Le Baron de l’écluse ». Adapté d’une nouvelle de Georges Simenon. Dans ce film, dialogué par Michel Audiard, sa gouaille distinguée de Parisienne du quartier latin fait merveille. Son partenaire à l’écran, Jean Gabin, ravi de lui donner la réplique, dira alors de celle qu’il appelle Mademoiselle Presle : « Elle joue à la perfection une demi-mondaine, très mondaine. »

L'actrice française Micheline Presle a disparu à 101 ans le 21 février 2024
L’actrice Micheline Presle avait été récompensée par un césar d’honneur en 2004 pour sa carière exceptionnelle

Micheline Presle récompensé par un César d’honneur en 2004

La spirale vertueuse du succès prend même un tournant inattendu en 1964 avec ce que Micheline Presle nomme avec humour dans ses mémoires « la sainte série ». En 1963, Jean Becker l’appelle pour lui confier le rôle d’Eve Lagarde. Une femme d’une quarantaine d’années, émancipée, libérée, dont le caractère annonce les bouleversements sociétaux de mai 68. Ce feuilleton, intitulé « Les Saintes Chéries » comme l’œuvre de Nicole de Buron qui l’a inspiré, retiendra des millions de Français devant l’unique chaîne de l’ORTF pendant les cinq années que dura sa diffusion.

Elle a travaillé avec joie avec des metteurs en scène qu’elle qualifie de «novateurs». Comme Jérôme Savary et Jacques Davila, lorsqu’elle reçoit un César d’honneur en 2004. La comédienne a le privilège de jouer sous la direction de sa propre fille, Tonie Marshall. La comédienne, fière du succès de son unique enfant, écrit dans « Di(s)gressions » : « Elle a su se prendre en mains de façon magistrale ». Et toujours humble face à une vie qui l’avait propulsée comme immense vedette à l’âge de 16 ans, elle aimait répéter les derniers jours de sa vie que, dans les jardins du Luxembourg où elle aimait se promener, les gens qui la reconnaissaient toujours s’arrêtaient pour lui dire : « Ah, je vous ai vue dans le film de Tonie Marshall ».

Décès des Célébrités Françaises et Internationales

Philippe Blanco

est un journaliste passionné et intrépide, né dans la petite ville fictive de Willowbrook en 1975. Dès son plus jeune âge, il a développé une curiosité insatiable pour le monde qui l'entoure, posant des questions et explorant des idées avec une profonde fascination. Il a grandi en rêvant de parcourir le monde et de raconter des histoires qui captiveraient le cœur des gens.

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