Décès de Célébrité

Robert Badinter est mort à 95 ans le 9 février 2024 à Paris

Robert Badinter est mort à l’âge de 95 ans. Sa vision immuable et universelle des droits de l’homme a imprégné jusqu’à la fin ses écrits et ses prises de position. Robert Badinter est décédé le 9 février 2024.

Robert Badinter : le gardien des Sceaux le plus célèbre nous a quittés à l’âge de 95 ans

Avocat, penseur, et écrivain, il restera l’individu qui a consacré sa vie à faire de l’abolition de la peine de mort son combat. Robert Badinter nous a quittés ce 9 février, selon l’annonce d’une de ses collaboratrices. Il était parmi les avocats et penseurs les plus éminents de son époque. Son engagement en faveur des droits de l’Homme a laissé une empreinte indélébile sur la fin du XXe siècle.

Né en 1928 au sein d’une famille juive d’origine est-européenne, le jeune Robert Badinter est confronté très tôt aux horreurs de la guerre. Son père, Simon, est arrêté à Lyon le 9 février 1943, puis déporté au camp de Drancy. Il meurt dans le camp de concentration de Sobibor. Pendant cette période sombre, il est contraint de se cacher près de Chambéry et adopte un autre nom : il se fait appeler Robert Berthet jusqu’à la fin de la guerre.

En 1947, il obtient son diplôme en droit de l’université de Paris, puis part pour New York en 1949 où, grâce à une bourse, il poursuit ses études à la prestigieuse université de Columbia. Deux ans plus tard, il est admis au barreau de Paris et obtient en 1952 un doctorat en droit.

Robert Badinter est mort à 95 ans
Robert Badinter : Il y a 35 ans, la peine de mort était abolie en France

Marié à deux reprises

Sa trajectoire professionnelle connaît un tournant majeur en 1963. Il accepte de défendre le ministre des Finances sénégalais Valdiodio N’diaye. Il est accusé par le gouvernement Senghor de « tentative de coup d’État ».

Entre-temps, il se marie en 1957 avec l’actrice Anne Vernon (connue pour ses rôles dans « Bel Ami » et « Les Parapluies de Cherbourg »), divorce en 1965, et se remarie rapidement avec Elisabeth Bleustein, une philosophe et héritière du groupe Publicis, plus connue aujourd’hui sous le nom d’Elisabeth Badinter.

Homme brillant et infatigable, il obtient l’agrégation en 1965 et devient maître de conférences. Cependant, son nom devient célèbre à partir de 1972, lors de l' »affaire Roger Bontems ». Son client, un ancien militaire devenu braqueur, puis meurtrier, est incarcéré à la centrale de Clairvaux. Lors d’une prise d’otage en 1971 à l’infirmerie, avec l’aide de Claude Buffet, il égorge une infirmière et un gardien. Bontems est condamné à mort.

Robert Badinter est mort le 9 février 2024 à l'âge de 95 ans
Robert Badinter ancien garde des sceaux est mort à 95 ans dans son appartement à Paris

Robert Badinter partisan de l’abolition de la peine de mort

Il s’efforce alors par tous les moyens d’éviter la condamnation à mort pour son client, mais sans succès. Le 28 novembre 1972, Bontems et Buffet sont guillotinés.

Cinq ans plus tard, l’avocat, toujours farouche partisan de l’abolition de la peine de mort, défend Patrick Henry. Il est coupable du meurtre d’un petit garçon. À l’issue d’un procès hautement médiatisé, son client est condamné à la réclusion criminelle à perpétuité. Marquant ainsi une première victoire significative pour Badinter.

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Une autre affaire célèbre, cette fois en 1981, juste quelques semaines avant qu’il ne devienne ministre de la Justice : l' »affaire Faurisson », ou la lutte contre le négationnisme. Fort de son expérience personnelle et de la perte de proches dans les camps, l’avocat se porte partie civile et obtient une condamnation. François Mitterrand le nomme ministre le 23 juin. Trois mois plus tard, tout bascule : pour lui comme pour le pays.

Mort de Robert Badinter le combattant de la peine capitale
Robert Badinter est mort à 95 ans, l’ancien ministre de Miterrand avait plaidé à l’Assemblée nationale l’abolition universelle de la peine capitale

L’abolition de la peine de mort votée par 363 voix contre 117

La scène est digne d’un scénario de film. À l’Assemblée Nationale, debout au pupitre, le regard perçant, les sourcils arqués comme tracés à l’encre de Chine, Robert Badinter entame sa plaidoirie devant une assemblée de députés tumultueux. La droite et l’extrême-droite crient, l’insultent, mais peu importe. L’avocat poursuit son exposé : il sait que c’est le moment décisif. La France doit renoncer à la peine de mort. Ce qui devait arriver finit par se produire ! Le 18 septembre 1981, les députés votent par 363 voix contre 117 pour l’abolition. Le Sénat suivra douze jours plus tard.

Robert Badinter est décédé à 95 ans
Robert Badinter et Emmanuel Macron ont plaidé l’abolition universelle de la peine de mort

L’avocat occupera le poste de ministre de la Justice jusqu’au 19 février 1986. François Mitterrand le désigne président du Conseil constitutionnel, où il restera en fonction jusqu’en 1995. Bien que le président de la République hésite à le nommer Premier ministre, Robert Badinter devient finalement sénateur PS des Hauts-de-Seine. Un poste qu’il occupera jusqu’en 2011.

Décès des Célébrités Françaises et Internationales

Cédric VEDEL

est directeur de publication et un des journalistes de Pointactu. Passionné par l'Asie, né en Auvergne en 1971. Dès son plus jeune âge, il a développé une curiosité débordante pour tout ce qui l'entoure. Il a grandi en rêvant de parcourir le monde et de raconter des histoires qui captiveraient le cœur des gens.

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