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Assassinat de Samuel Paty : « J’ai pensé qu’à l’argent… » Six adolescents face à la justice

Assassinat de Samuel Paty : Six mineurs jugés ce lundi par le tribunal pour enfants, pour leur implication dans son assassinat. Le procès doit durer deux semaines. Ces mineurs, dont une fille, sont jugés pour leur implication dans l’assassinat de Samuel Paty. La jeune fille est accusée de « dénonciation calomnieuse », après avoir allégué que l’enseignant avait demandé aux élèves musulmans de sortir de la salle. Les cinq autres sont soupçonnés d’avoir désigné l’enseignant au terroriste, sans savoir à quel drame ils l’exposaient.

Début du procès de l'assassinat de Samuel Paty
Ouverture du procès de l’assassinat de Samuel Paty

Une rumeur mortelle

Une adolescente accuse un professeur d’avoir montré une caricature du prophète entièrement nu à ses élèves musulmans. Le professeur est assassiné par un terroriste. La rumeur se répand rapidement sur les réseaux sociaux et dans les communautés musulmanes. L’adolescente, absente ce jour-là, jure qu’elle a vu ce qui s’est passé, la réalité est bien différente.

Le professeur dispensait un cours sur la liberté d’expression. Il a simplement indiqué que si certains élèves craignaient d’être choqués par une caricature, ils pouvaient détourner le regard. L’assassinat de Samuel Paty est un drame qui a choqué la France. Il rappelle les dangers de la désinformation et de la radicalisation.

Assassiant de Samuel Paty : 14 personnes devant la justice
Procès de Samuel Paty : 14 personnes devant la justice

Assassinat de Samuel Paty : L’adolescente revient sur sa version des faits

Face aux enquêteurs, quelques semaines plus tard, l’adolescente admettra que c’était un faux témoignage. Il avait principalement pour objectif de dissimuler à ses parents qu’elle avait été exclue du collège. Cette mesure disciplinaire avait été prise quelques jours auparavant en raison de son comportement. Jamais elle n’avait anticipé que son père irait porter plainte contre son professeur pour « diffusion d’une image à caractère pornographique ». Elle ne pensait pas non plus qu’il diffuserait sur les plateformes sociales des vidéos dénoncant le comportement de l’enseignant. Elle n’aurait imaginé qu’une dizaine de jours après le cours, un terroriste russe de 18 ans, Abdoullakh Anzorov, tomberait sur ces images et déciderait, le 16 octobre 2020, veille des vacances de la Toussaint, de décapiter cet enseignant, Samuel Paty. Il proclame agir pour « venger le prophète » dans sa vidéo de revendication.

Samuel Paty assassiné pour la somme de 300 Euros
Le professeur abattu pour 300 Euros

Farah empoche 300 Euros contre la désignation de l’enseignant

Dans le cadre de cette dénonciation mensongère, Farah est jugée à partir de ce lundi, pour une période de deux semaines devant le tribunal pour enfants à Paris. Cinq autres adolescents, tous âgés de 14 ou 15 ans à l’époque, comparaissent également. Initialement inculpés pour complicité d’assassinat terroriste, ils font face à des accusations d’association de malfaiteurs en vue de commettre des violences, suspectés d’avoir identifié Samuel Paty à l’assaillant en échange d’argent.

Cependant, rien n’a pu démontrer que ces collégiens, sans antécédents judiciaires, sans signes de radicalisation, avaient conscience du projet terroriste. « Mon client ignorait que l’issue serait un assassinat terroriste », déclare Me Pierre-Alexandre Kopp. « Évidemment, il a été profondément perturbé d’être impliqué dans un tel drame. Il a pris conscience de cette tragédie et a mûri à la suite de ces événements. »

Meutre de Samuel Paty : 6 adolescents au tribunal
Six adolescents face à la justice

Deux collégiens tentent tentent de dissuader de désigner le professeur

Au cœur de l’enquête se trouvent les deux heures précédant l’attentat. Peu après 15 heures, Abdoullakh Anzorov, errant depuis plus d’une heure et demie aux abords du collège du Bois d’Aulne à Conflans-Sainte-Honorine, dans les Yvelines, aborde Mehdi, un élève en 4e. Il lui propose 300 euros pour rester à ses côtés et désigner Samuel Paty lorsqu’il sortira de l’établissement.

L’adolescent accepte, avouant avoir agi par appât du gain. En présence de ses camarades qui les rejoignent, il exhibe sa liasse de billets, prend des selfies, et diffuse des vidéos sur les réseaux sociaux. « J’ai pensé qu’à l’argent », admet-il lors d’une audition. Quatre autres camarades de classe les accompagnent, recevant quelques billets pour cette longue attente. Les sommes vont de 70 euros pour certains à 10 euros pour d’autres. Malgré tout, deux collégiens tentent de les dissuader de désigner le professeur, craignant un « drame ».

Meutre de Samuel Paty : un drame orchestré par un terroriste
L’assassinat de Samuel Paty : l’orchestration d’une manipulation qui s’est transformée en véritable drame

Assassinat de Samuel Paty : Le terroriste veut le brutaliser, le frapper et l’humilier

Tous décrivent le terroriste en retrait, vêtu de noir avec un collier de barbe, expliquant être là après avoir vu une vidéo du père de Farah dénonçant le prétendu comportement de Samuel Paty pendant le cours en question. Abdoullakh Anzorov exprime son intention de filmer l’enseignant et de le présenter en train de s’excuser. Il demande à ce qu’on l’appelle Farah pour qu’elle relate son expérience du cours. Les adolescents rapportent que le terroriste ne cache pas son intention de « le brutaliser, le frapper et l’humilier« . Bien qu’aucune arme n’ait été vue, deux d’entre eux trouvent étrange qu’un individu paie 300 euros simplement pour des excuses ou pour montrer un professeur. Certains imaginent des scénarios avec leurs amis, pensant qu’il pourrait le tuer ou le kidnapper, mais aucun d’eux ne semble vraiment croire en cette possibilité.

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Un an déjà après la mort de Samuel Paty

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Samuel Paty est tué en pleine rue

À 16h51, Samuel Paty est repéré devant l’établissement. Les témoignages divergent quant à la personne qui a désigné l’enseignant, s’il a été explicitement pointé du doigt. À 16h54, le professeur d’histoire-géographie est tué en pleine rue. Un jeune confiera aux policiers : « Quand j’ai vu le terroriste s’éloigner vers Samuel Paty, quand il nous a dit de partir en courant, je pense qu’on aurait dû faire quelque chose au lieu de partir. Comme l’arrêter, lui courir après, je ne sais pas. »

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K.Dumas

La Journaliste Intrépide du Microcosme Médiatique Une journaliste aux talents surréalistes, est née dans une grande ville où les scoops tombaient comme la pluie. Dès son plus jeune âge, Karine avait un don pour découvrir des histoires incroyables dans les endroits les plus inattendus.

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