Justice et faits divers

La justice a validé l’expulsion de l’imam Mahjoubi vers la Tunisie

L’expulsion de l’imam Mahjoubi a été validée. Le tribunal administratif de Paris a rejeté la demande en référé liberté du religieux expulsé en Tunisie par Gérald Darmanin. Cela signifie que la demande d’urgence du religieux pour contester son expulsion n’a pas été acceptée par le tribunal.

Le recours en « référé liberté » déposé par l’imam de Bagnols-sur-Cèze (Gard), Mahjoub Mahjoubi, a été infructueux. Son avocat prévoit d’interjeter appel de cette décision devant le Conseil d’État. Il avait introduit la requête devant le tribunal administratif de Paris en milieu de semaine précédente. Le magistrat disposait de 48 heures pour rendre sa décision.

Expulsion de l'imam Mahjoub Mahjoubi vers la Tunisie validée
L’expulsion de l’imam Mahjoub Mahjoubi vers la Tunisie validée

« Ses discours ne sont pas compatibles avec les valeurs de la République française »

Le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, a immédiatement réagi sur X : « La justice confirme l’expulsion de l’individu se faisant appeler ‘imam’, qui encourage clairement le séparatisme et a insulté notre drapeau. Conformément à mes instructions, les services du ministère de l’Intérieur poursuivront, grâce à nos nouvelles lois, leur lutte efficace contre tous les prédicateurs de haine. »

La décision des juges concernant l’individu se présentant comme un imam est sans ambiguïté : « Ses discours ne sont pas compatibles avec les valeurs de la République française, ils créent des divisions entre les musulmans et les non-musulmans, incitent à la haine envers les juifs et Israël, ou font l’apologie du jihad et de la charia », a communiqué le tribunal administratif de Paris.

Selon les juges, les discours tenus par l’individu lors d’un prêche diffusé sur son compte Facebook promeuvent « un discours qui légitime la subordination de la femme à l’homme », « des déclarations hostiles aux valeurs de la République en s’en prenant au drapeau français et en glorifiant la charia », ainsi que des propos « hostiles envers les Juifs, présentés notamment comme les ennemis historiques des musulmans qu’il convient de combattre ».

Expulsion de l’imam Mahjoubi vers la Tunisie validée

Le tribunal administratif est également d’avis que Mahjoub Mahjoubi « a tenu des propos qui incitent au terrorisme en faisant l’apologie du djihad ». Il observe également que la femme de l’imam et leurs enfants ne possèdent pas la nationalité française. Que l’état de santé de l’un des enfants ne nécessite pas de traitement médical en France. « La famille de l’individu pourrait se réunir en Tunisie » et « cette mesure d’expulsion ne porte pas atteinte de manière grave et manifestement illégale à sa liberté de circulation et à sa vie privée et familiale », précisent les magistrats.

L’imam âgé de 52 ans avait été expulsé vers sa Tunisie natale seulement douze heures après son arrestation. C’est le ministre de l’Intérieur en personne qui avait signé l’ordonnance d’expulsion du religieux. Il le considérait comme étant connu des services préfectoraux pour ses discours radicaux.

Son avocat, Me Samir Hamroun, avait initialement affirmé que Mahjoub Mahjoubi avait « des liens familiaux qu’il laissait derrière lui en France et que les propos qui lui étaient attribués étaient soit sortis de leur contexte, soit tronqués », et qu’il devait rester en France « en attendant que la procédure soit discutée sur le fond, dans plusieurs mois, voire plusieurs années ».

Validation de l'expulsion de l'imam Mahjoub Mahjoubi
Gérard Darmanin avait demandé l’expulsion de l’imam Mahjoub Mahjoubi vers la Tunisie

« Il est nécessaire de secouer cette société belligérante et corrompue »

Quelques heures après son arrivée à Soliman, une petite ville située à 30 kilomètres de Tunis, l’imam avait déclaré le 22 février : « Je me battrai pour revenir en France où j’ai vécu pendant quarante ans. Si le tribunal ne me rend pas justice, je ferai appel, et ensuite je ferai un recours devant la Cour européenne des droits de l’homme. »

L’ordonnance d’expulsion émise par Gérald Darmanin à l’encontre de cet individu visait sa « vision littérale, rétrograde, intolérante et violente de l’islam, susceptible d’encourager des comportements contraires aux valeurs de la République ». Le ministre mentionnait également « la discrimination envers les femmes, le repli identitaire, les tensions avec la communauté juive et la radicalisation djihadiste » qui caractérisaient ses prêches.

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L’ordonnance faisait spécifiquement référence à « des propos haineux et discriminatoires » tenus par l’imam, « envers les non-musulmans et la société française ». Dans un de ses prêches, l’individu avait déclaré sans détour : « Il est nécessaire de secouer cette société, cette société belligérante et corrompue », insinuant, selon le ministère de l’Intérieur, « que la société française serait décadente, critiquant la mixité et accusant l’école publique de dispenser des cours sur la reproduction humaine aux enfants. »

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Paul Duval

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