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Rédoine Faïd : le braqueur a utilisé 13 planques en cavale

Le procès de Rédoine Faïd et de onze autres accusés se poursuit devant la cour d’assises de Paris.

Il est 11h28 ce 1er juillet 2018 quand « le roi de la belle » s’évade de la prison de Réau en hélicoptère. Il est multirécidiviste, il encourt la perpétuité.

Le procès de cette évasion s’est ouvert le mardi 5 septembre devant la cour d’assise de Paris. Rédoine Faïd y sera jugé pendant sept semaines. Pour, entre autres, détournement d’aéronef par violence, évasion, enlèvement et séquestration d’otage, le tout en bande organisée. 

Une évasion en moins de dix minutes

Tout débute dans un petit aérodrome de Lognes, à l’est de Paris, le 1er juillet 2018. Un père et son fils en réalité, selon les juges d’instruction, Rachid, un frère de Rédoine Faïd, et Steeve Escrihuela, coaccusés au procès, se présentent pour un cours de pilotage sous le nom « Lepetit ».

Le pilote les connaît déjà, ils sont venus faire deux baptêmes de l’air. Il a bien remarqué la perruque du père et « leur allure générale très négligée ». Mais Stéphane Buy, pilote et partie civile au procès, fait décoller l’Alouette II, un hélicoptère cinq places. Quelques minutes plus tard, les « Lepetit » demandent à se poser. Au moment ou l’appareil redécolle, le pilote a un canon sur la tempe et ses passagers lui ordonnent de voler vers la prison de Réau.

L'hélicoptère à bord duquel Rédoine Faïd s'est évadé de la prison de Réau (Seine-et-Marne), retrouvé à Gonesse, au nord de Paris, le 1er juillet 2018.

L’hélicoptère fait alors une nouvelle halte en chemin. Un troisième homme monte à bord, un neveu de Rédoine Faïd, Ishaac Herizi, selon l’accusation. Quand l’appareil vole en stationnaire, à un mètre du sol, dans la cour du centre pénitentiaire dépourvu de filins, il est 11h19. Le surveillant posté dans le mirador a à peine le temps de voir les deux hommes cagoulés et armés de fusils d’assaut sauter de l’Alouette qu’un fumigène obstrue sa vue. A 11h22, une première porte est découpée à la disqueuse. L’un des deux complices s’engouffre dans le couloir des parloirs, découpe deux autres portes et libère Rédoine Faïd. A quelques mètres de là, Antonio Ferrara , figure du grand banditisme français, se trouve aussi au parloir.

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Un commando très bien préparé

Selon la ministre de la Justice de l’époque, Nicole Belloubet, « Il s’agit là d’une évasion hors norme, qui a supposé un commando très bien préparé. »

Menacé, Stéphane Buy atterrit à Gonesse (Val-d’Oise), sur un petit chemin attenant à une route départementale. Les malfaiteurs le font sortir de l’hélicoptère avant d’y mettre le feu en oubliant un sac avec des produits inflammables dans la cour de la prison. Ils s’enfuient à bord d’une Mégane avec un quatrième complice au volant. La voiture sera retrouvée dans un parking du centre commercial O’Parinor, à Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis). Le groupe l’a échangé pour un Kangoo, qui sera plus tard repéré sur l’A1, près du péage de Senlis, dans l’Oise, non loin de Creil, lieu de naissance de Rédoine Faïd.

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Le procès de Rédoine Faïd et de onze autres accusés se poursuit devant la cour d’assises de Paris

Rédoine Faïd revient sur les aléas de sa cavale. « Ça a été dinguerie sur dinguerie. J’ai dû faire avec. Je suis pas Super man ». Il explique qu’il a utilisé « 13 planques ». « Ca m’a coûté énormément d’argent », dit Rédoine Faïd ajoutant qu’il avait 6000 policiers et gendarmes qui le recherchaient.

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Paul Duval

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